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Céline - 26 ans

"Je
voulais être éducatrice spécialisée pour aider les personnes en détresse, mais
le chemin que j’ai pris m’a conduit dans une autre direction. A 14 ans, j’ai
réclamé mon indépendance. Je suis sortie avec un garçon qui en avait 18 et
ensemble on partait dés qu’on le pouvait sur les routes avec son camion. Je me
sentais libre ainsi et ça m’a permis de fuir un milieu familial dans lequel je
ne me sentais pas bien. On s’est séparé trois ans plus tard, en se faisant du
mal.
A coté, je poursuivais mes
études dans le social, mais rien n’aboutissait, je faisais trop la fête avec mes
amis (je vivais la nuit). Plus j’avançais ainsi, plus un fossé se creusait dans
mon coeur. Quelques temps plus tard, j’ai rencontré quelqu’un d’autre et
ensemble, on est parti à l’île de la Réunion, avec nos sacs à dos. Je voulais
fuir ma vie d’ici. Seulement, là-bas c’était pareil… Le fossé continuait
toujours à se creuser en moi. On est revenu 6 mois plus tard, on ne se sentait
plus à notre place, on a décidé de partir pour l’Inde. On voulait travailler
l’été pour voyager l’hiver. Tels étaient mes projets…
Mais on ne fait pas toujours
ce qu’on veut et entre temps, des difficultés sont apparues. J’ai commencé par
me mettre à pleurer sans raisons et à ne plus me reconnaître quand je me
regardais dans le miroir. Un après midi, au travail, une panique m’a pris au
milieu d’une foule. J’avais l’impression d’étouffer, j’ai du me cacher. C’était
la première fois que ça m’arrivait. Personne autour de moi, ne s’en est rendu
compte, mais j’allais mal et je me sentais seule. A la fin de l’été, je partais
avec une personne qui m’offrait son aide.
Le
cauchemar commence
Une
autre panique est survenue dans un magasin. Il n’y avait pourtant pas trop de
monde. Une peur incontrôlable m’a saisie, j’étais opprimée et angoissée, je
tremblais, je me sentais étouffer, j’avais envie d’hurler : je croyais devenir
folle. Les gens me regardaient, j’avais l’impression qu’ils me jugeaient. Tout
cela n’a duré que quelques minutes mais c’était si long… je suis rentrée à la
maison en courant, me réfugier dans la chambre, je me suis cachée sous les
couvertures. J’étais affolée par cette réaction anormale. Les choses se sont
vites aggravées : je n’arrivais plus à sortir dehors. A chaque tentative, la
même crise revenait. J’avais peur de moi, peur des gens, peur de tout.
Les choix les plus simples,
l’achat d’une baguette, d’un paquet de cigarette, descendre la poubelle… Toutes
ces activités banales sont devenues d’un seul coup des montagnes
infranchissables. Je me suis donc isolée du monde extérieur, au point que si
quelqu’un venait à la maison je me précipitais dans un placard pour m’y cacher
et j’y restais toute la journée s’il le fallait. Personne ne pouvait le
comprendre, mais je ne pouvais pas faire autrement. Ce cauchemar allait durer 18
mois.
L’angoisse ne me quittait
plus, des cauchemars m’empêchaient de dormir. Je n’arrivais plus à me supporter
et je devenais agressive
envers moi-même. J’en voulais à la terre entière. Je voulais mourir, c’était mon
obsession. J’allais souvent sur le balcon pour tenter de sauter mais je ne
réussissais pas à aller plus loin et c’était encore plus dur. Je redoutais
fortement la nouvelle journée qui allait commencer et souvent je restais couchée
sous les couvertures pour ne pas l’affronter.
J’ai attendu quatre mois
avant d’appeler un médecin. Je lui ai expliqué honteusement ce qu’il se passait.
Elle m’a diagnostiqué une dépression et elle m’a prescrit des anti-dépresseurs,
des somnifères et des anxiolytiques. Moi qui ne prenais aucun médicament. Ma vie
a basculé si vite et je ne pouvais rien faire. Tout cela me dépassait.
Quand je décidais de sortir
dehors, un combat s’opérait en moi pour me convaincre que j’en étais capable.
Une fois convaincue, je me préparais et je m’avançais vers la porte d’entrée et
puis je reculais, j’avançais de nouveau et je reculais encore et ainsi de
suite... Je finissais par descendre les escaliers et une fois, devant
l’immeuble, soit je me lançais en tremblant de la tête au pied, soit je courais
me réfugier en haut et là, c’était encore plus terrible pour moi.
Les choses sont allées ainsi,
de pire en pire, mon médecin m’a conseillé une thérapie et j’ai consulté une
psychiatre. Elle m’a expliqué que je souffrais d’agoraphobie, une peur
irrationnelle qui se manifeste quand il y a beaucoup de monde. Au bout de trois
séances j’ai arrêté d’y aller, car me rendre à son cabinet était encore une trop
grande montagne. J’aurais tellement voulue que les choses changent, je ne voyais
pas d’issue. Je voulais aller me cacher derrière une colline et ne plus jamais
revenir…
Un
secours dans la détresse
Dans un moment encore plus
dur, j’ai décidé de mettre fin à mes jours une bonne fois pour toute. Je ne
pouvais plus supporter une journée de plus dans cet état, j’étais épuisée. Ça
servait à quoi de vivre ainsi ? Mais je n’ai pas pu, au moment de passer à
l’acte, j’ai d’un coup réalisé que la mort n’était pas la fin des choses. Il y
avait un après, j’en avais la certitude.
Dans cette période, j’ai
trouvé une bible au fond d’un carton et j’ai commencé à la lire. Je connaissais
déjà l’Evangile. Quand j’étais petite, j’allais tous les étés dans une colonie
chrétienne et je croyais réellement en l’existence de Dieu. Mais j’en étais si
loin...
Qu’est ce qu’il fallait
faire maintenant ? De cette situation, personne ne pouvait me secourir, ni le
médecin, ni le psychiatre, ni mon ami, ni ma famille, ni moi-même. Le seul qui
pouvait m’aider, c’était Dieu. Quand j’ai compris cela, j’ai pu lui crier au
secours. J’ai alors reçu la certitude qu’il m’entendait. Je ne savais ni quand,
ni comment mais je savais qu’il agirait et j’en ai été apaisé de suite. J’ai pu
dormir tranquillement, pour la première fois depuis le début de cette
dépression.
Quelques
semaines plus tard j’ai trouvé la force d’arrêter mon traitement. Le sevrage n’a
pas été facile, mais j’y suis arrivée progressivement. Mes parents m’ont
recueilli chez eux et je savais que tout aller changer maintenant. Je suis
restée une semaine entière sur le canapé, juste en lisant la bible. Je ne
pouvais rien faire d’autre.
Le dimanche qui a suivi, je
suis allée à l’église, je voulais absolument parler avec un pasteur. Là bas,
j’ai pleuré sans m’arrêter, chaque larme enlevait un poids dans mon coeur et
chaque parole était un pansement pour moi.
Une
nouvelle vie débute
Aussitôt, ma dépression est
sortie de ma vie, avec tous ses symptômes. Je pouvais enfin passer une journée
normalement, me lever le matin et me coucher le soir, sans angoisse, sans
médicaments. En peu de temps, j’ai pu me retrouver au milieu d’une foule, sans
ressentir de crainte. J’ai pu m’accepter dans le miroir, m’aimer et aimer les
autres. J’ai pu reprendre des activités normales et faire avec l’aide de Dieu ce
qu’il m’était devenu impossible.
J’avais 23 ans et je
repartais à zéro, je retrouvais une vie.
La
bible dit « Quand un malheureux crie, l'Éternel entend et il le sauve de
toutes ses détresses. » Psaumes 34 :6 Et je peux dire que c’est
vrai !"
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